Avec le mode numérique, je prends toujours les photos en automatique et l’appareil fait tout tout seul. Puis-je modifier quelque chose et y ajouter ma touche personnelle ? [6/8]
Avec le numérique, je prends toujours des photos en automatique et l’appareil fait tout tout seul. Puis-je modifier quelque chose et y ajouter ma touche personnelle ?
Avant de répondre à cette question, il faut dire quelques mots à propos des images que l’on trouve un peu partout. La première chose est qu’il y a beaucoup de photos « bien faites », mais il y en a aussi beaucoup d’« faites juste comme ça ».
La deuxième est que les bons photographes font leurs photos exactement comme ils le veulent et non pas « comme ça vient », même si beaucoup pensent le contraire… Nous parlerons du cadrage à un autre moment. Pour l’instant, voyons plutôt comment faire une photo en mode manuel, c’est-à-dire en contrôlant certains paramètres pour obtenir les effets désirés.
Pour qu’une image puisse être enregistrée, que ce soit sur pellicule traditionnelle ou en format numérique, il faut de la lumière, et ce n’est pas un hasard si le mot photographie signifie « écrire avec la lumière ». Maintenant, en faisant une comparaison très simple avec l’œil humain, on peut dire qu’un appareil photo est structuré un peu comme lui, même si évidemment dans notre œil se passent des choses bien plus complexes que dans un appareil photo.
Selon les conditions d’éclairage, l’iris, en forme de diaphragme, dilate ou rétrécit la pupille en dosant la quantité de lumière qui entre dans l’œil ; puis l’image passe à travers une lentille, qui dans l’œil est le cristallin, et enfin elle se fixe à l’envers sur la rétine, c’est-à-dire sur notre pellicule ou microprocesseur.
Le diaphragme
Tout comme dans l’œil, lorsque nous photographions une scène très éclairée, nous devrons fermer davantage le diaphragme pour éviter que trop de lumière n’atteigne l’émulsion ou les capteurs, rendant ainsi la photo « brûlée », tandis que pour réussir à capturer une scène sombre, il sera nécessaire d’ouvrir au maximum les lamelles du diaphragme, sinon notre image sera sombre.
Le diaphragme nous permet aussi de régler la “profondeur de champ”, c’est-à-dire de flouter ou de mettre davantage au point tout ce qui se trouve avant et après le sujet principal. La règle est que plus le diaphragme est fermé, plus la zone nette est grande, et naturellement, inversement.
Donc, par exemple, si nous voulons photographier un champ de marguerites dans son intégralité, nous garderons le diaphragme fermé afin d’avoir le plus de fleurs possible mises correctement au point.
Et si, au contraire, nous voulons photographier une fleur en l’isolant du reste des plantes, nous ouvrirons au maximum le diaphragme. Pour des effets plus ou moins marqués, nous utiliserons des valeurs intermédiaires.
Le nombre le plus bas du diaphragme indique sa plus grande ouverture et donne aussi une idée de la luminosité d’un objectif. Vous vous souvenez de Barry Lyndon ?
Pour filmer les scènes à la lumière des chandelles, le réalisateur Stanley Kubrick demanda à Zeiss de construire des objectifs spéciaux tellement lumineux qu’ils pouvaient filmer presque dans le noir : l’ouverture maximale des optiques était f:0,7 ! Aujourd’hui, on commence à 5,6 et au-delà…
(photo:Profondeur de champ réduite obtenue avec un diaphragme très ouvert)
Une autre chose à savoir à propos du diaphragme est que les anciens photojournalistes et paparazzis n’avaient aucun système autofocus et ne pouvaient pas se permettre le luxe de faire des photos floues, surtout la nuit et devant les boîtes de nuit.
Pour écarter le risque de hors-focus, ils utilisaient, comme l’enseignait Ansel Adams, la “distance hyperfocale”.
Si jamais vous avez entre les mains un ancien objectif manuel, en observant le fut vous verrez des marques, souvent colorées, numérotées de la même manière que les ouvertures du diaphragme.
En positionnant le symbole “infini”, gravé sur l’échelle des distances, sur la marque correspondant au diaphragme utilisé ce moment-là, le champ net s’étendra vers nous jusqu’à la distance que l’on lira en correspondance avec l’autre marque de la même couleur.
En observant attentivement l’échelle des distances hyperfocales gravées sur les différents objectifs, on se rend immédiatement compte qu’à des diaphragmes plus fermés correspondra toujours une plus grande profondeur de champ, et que cette largeur dépendra aussi de la longueur focale de l’optique utilisée : avec les grands angles, en effet, elle sera plus grande, et avec les téléobjectifs. (photo : Une scène du film Barry Lyndon de Stanley Kubrick filmée à la lumière des chandelles).
La prochaine fois, nous dirons quelques autres choses sur les diaphragmes et nous parlerons des temps d’exposition…)
Cours de photographie complet
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