Réseaux sociaux, le comportement de la politique pendant les deux mois de campagne électorale

Plus de deux millions de tweets au cours des deux derniers mois de campagne électorale et près de trois millions de fans sur les pages Facebook. Ce sont là les chiffres de la politique sur les réseaux sociaux… tant pis pour les plus conservateurs, qui parlent encore des communautés sur le web comme d’un « phénomène ».

Ainsi, alors que le web décrétait le succès de Mengoni à Sanremo avant même les résultats officiels, à quelques jours de la fin de la campagne électorale, le débat sur internet reste le protagoniste avec des chiffres vraiment incroyables, rendus aujourd’hui accessibles au grand public grâce à des sociétés d’analyse capables de mesurer même en temps réel la « température » du web.

Mais allons par ordre et découvrons ce qu’expriment ces chiffres difficiles à atteindre par des moyens traditionnels. Avant tout, il est bon de préciser qu’il ne s’agit pas de sondages : il n’existe pas d’échantillon type ni d’algorithme statistique particulier qui « interprète » la réalité. Les chiffres sont la représentation de données réelles mesurées ponctuellement : personnes physiques, organisations ou autres sujets qui expriment leur pensée à travers le web. La mesure est donc quantitative, mais derrière la quantité, les analystes sont capables de lire les orientations, les tendances, les besoins et les nécessités.

Ainsi, les chiffres cachent (mais en réalité révèlent) des informations stratégiques, qu’elles soient orientées vers la politique ou vers les stratégies d’une entreprise. Ceux qui l’ont compris en premier ont mis à l’abri un avantage concurrentiel que j’oserais qualifier d' »infrastructurel ».

Beppe Grillo, pour la structure de sa communication et son rapport avec les médias, en est certainement le champion : en terme de mouvement de parole, c’est-à-dire l’attention qu’il génère, il représente près de la moitié du « marché », et ce sont les chiffres qui le disent, pas les sondages. Certes, cela ne veut pas dire qu’il obtiendra la moitié des votes. L’interprétation de ses chiffres doit se faire différemment : il suffit d’aller lire en détail l’engagement – l’interaction sur les contenus – que sa communauté exprime. Un exemple ? « Faites des excuses publiques et demandez pardon aux Italiens. Rendez-vous ! » n’est qu’un post parmi tant d’autres visibles sur Facebook : et pourtant il obtient 714 commentaires, 10240 likes et 7597 partages. Rappelons-nous que derrière chaque action se cache l’expression d’un besoin, d’un sentiment.

Et derrière Grillo, il n’y a pas le vide : il y a quelqu’un qui en matière de communication est un véritable maître. Ainsi, chaque fois que Berlusconi « parle », le web réagit en suivant la plus naturelle des règles physiques de cause à effet. Une fois de plus, ce sont les chiffres qui parlent de manière sans équivoque : restitution de l’IMU ? Plus de 56 mille tweets en un jour, et puis encore des pics de conversation avec une tendance moyenne de plus de 30% sur la période.

Et les autres ? Bersani est le deuxième sur Facebook en matière d’engagement : cela signifie que la communauté s’intéresse aux contenus… mais les pics sur Twitter sont tous dédiés à l’affaire Monte Paschi. Monti est stable sur Twitter mais de son propre camp, seul Casini parvient à être parmi les dix premiers sur Facebook. Derrière, en ordre dispersé et décroissant, tous les autres qui sont peut-être partis trop tard.

Mais au fond, ce qui est important, c’est de se préparer aux prochaines élections… non, pas celles-ci, mais celles d’après, qui ne sont peut-être pas si éloignées.

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